Tête et vallon du Couleau, Tête de Vautisse

montagnes de rive droite de la vallée de la Durance entre Chateauroux et Saint-Clément.


Entre Châteauroux et Saint-Clément, la vallée de la Durance est séparée par le haut chaînon de la Tête de Vautisse (3156 m.) des vallons du pourtour sud-oriental du massif du Pelvoux (vallons de Dourmillouse au nord et de Prapic au sud), qui culminent au col des Terres Blanches. De cette longue crête rocheuse orientée NE-SW se détachent vers le SE deux crêtes secondaires qui gardent, sur plusieurs kilomètres, une altitude supérieure à 2500 m. Elles se terminent en tombant abruptement sur la vallée de la Durance, respectivement à la Tête de Fouran pour la plus septentrionale et à celle de Clotinaille pour la plus méridionale (voir la page "Châteauroux").

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Les hauts vallons alimentant le torrent du Rabious, vus du sud d'avion, depuis l'aplomb des crêtes de l'Hivernet.
ØP = surface de charriage de la nappe du Parpaillon ; td = dolomies triasiques (d'origine briançonnaise) du lambeau charrié des Uvernaus ; cb = schistes noirs du col de Vars (base du flysch à Helminthoïdes), affleurant ici au cœur d'un grand pli couché, l'anticlinal du Rabious = a.R.


Ces crêtes sont formées en totalité par le flysch à Helminthoïdes de la nappe du Parpaillon, dont les multiples bancs sont dans l'ensemble pentés modérément vers l'E-SE. En fait, comme partout dans le flysch à Helminthoïdes, ces couches sont affectées par les bandes de plissement qui traduisent un cisaillement à vergence ouest.

Cette succession globalement à l'endroit appartient au flanc supérieur d'un grand pli couché que l'on peut appeler "anticlinal du Rabious". La flèche de ce pli est de particulièrement grande ampleur puisque ses deux flancs peuvent être suivis sur près de 10 km d'E en W dans l'entaille du profond ravin du Rabious. Son cœur, très aplati, est matérialisé par une bande de schistes du col de Vars (= formation basale du flysch à Helminthoïdes) qui suit le pied de la rive gauche du vallon du Rabious depuis son débouché à Châteauroux jusque dans les pentes sud du col des Tourettes (où se dessine, à son extrémité occidentale, la fermeture de la charnière du pli). Du côté oriental le plan axial de ce pli couché est sectionné, vers le bas, par la surface de charriage de la nappe du Parpaillon dans l'éperon qui descend de la Tête de Clotinaille vers Châteauroux).
En rive opposée de la Durance ce pli couché se retrouve sans doute, après un décalage de quelques kilomètres dans le sens dextre, en constituant le pli couché du Parpaillon (voir la page "Crévoux").

Dans le versant nord-oriental de la Tête de Vautisse ces couches accroissent progressivement leur pendage vers l'est et s'enfonçent ainsi, dans les pentes inférieures, sous le matériel charrié de la frange occidentale du domaine briançonnais.

La surface de charriage correspondante, parfois qualifiée de "front briançonnais", est soulignée par une lame d'épaisseur hectométrique de schistes noirs, constituée en fait par du schistes noirs de base du flysch à Helminthoïdes surmonté par du flysch noir subbriançonnais. C'est elle qui détermine le col de Val Haute sur la crête des Rougnous ainsi que le vallon de Fond Cailla, qui en descend vers le nord au pied des escarpements de la Tête de Gaulent (voir la page "Gaulent").
Dans les plus basses pentes, à l'est de la Tête de Fouran, ce contact tectonique se redresse presque jusqu'à la verticale (voir la page "Réotier") et les plis du flysch à Helminthoïdes voient également leurs plans axiaux devenir verticaux : cette torsion s'avère être liée à la grande faille de la Durance et représenter en quelque sorte le crochon du rejet vertical de cette dernière.

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Le versant oriental de la Tête de Vautisse, vu du SW, d'avion.
ØBr = chevauchement frontal du Briançonnais ; ØpC = chevauchement de la digitation* du Pic Crévoux ; scv = schistes noirs du col de Vars (= base du flysch à Helminthoïdes).
On suit parfaitement dans le versant la bande plissée qui forme les abrupts du versant occidental de la Tête de Vautisse (voir photos ci-après) : on a indiqué la trace de quelques couches (s0) pour montrer la faible obliquité des plans axiaux des plis de cette bande vis-à-vis de la stratification.


Avant de subir cette inflexion de pendage, les plus hautes couches du flysch à Helminthoïdes de la nappe du Parpaillon supportent, sur l'échine sommitale de la crête des Prénetz et de Fouran, une lame d'épaisseur hectométrique de schistes noirs du col de Vars ; en fait elle s'avère représenter le soubassement stratigraphique d'un chapeau de flysch à Helminthoïdes qui est disposé à l'endroit. Il s'agit donc là d'une klippe, qui est dans la même situation que celle du Pic de Chabrières, sur la rive opposée de la Durance, et qui est donc sans doute rattachable, comme elle, à l'unité du Pic Crévoux (cette dernière est considérée comme une "digitation" supérieure de la nappe du Parpaillon (voir les pages "Mayt - Claux" et "col de Vars").


Le versant occidental du chaînon correspond à une profonde entaille d'érosion qui a déblayé tout le flysch de la nappe du Parpaillon ; mais elle coupe presque orthogonalement les plis de cette nappe et ne correspond donc nullement au front atteint par son avancée, même si, actuellement, celle-ci ne s'étende pas plus à l'ouest.

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L'extrémité septentrionale de la crête de Vautisse, vue de l'ouest depuis le sommet du Piquet.
ØBr = chevauchement frontal du Briançonnais ; n.P = nappe du Parpaillon (flysch à Helminthoïdes) : noter la terminaison de ses affleurements vers la gauche, où ils sont coupés en biseau par le front briançonnais ; SB = zone subbriançonnaise, réduite à une lame de flysch noir.
commentaires complémentaires à la page "Gaulent"


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L'arête nord de la Tête de Vautisse, vue du nord-ouest, depuis le sommet du Piquet (ce cliché montre la suite vers la droite du paysage précédent).
Les couches du flysch à Helminthoïdes ont dans l'ensemble un pendage modérément incliné vers la gauche (en fait vers l'est). En outre elles sont affectées par plusieurs bandes de plissement qui indiquent un cisaillement de la succession par entraînement de ses parties hautes de la gauche vers la droite et dont les plans axiaux ne sont obliques à la stratification que selon un angle très aigu (voir plus loin dans la page le prolongement de cette bande dans le versant oriental de la montagne).
ØP = surface de charriage de la nappe du Parpaillon ; td = dolomies triasiques (d'origine briançonnaise) du lambeau charrié des Uvernaus ; cb = schistes noirs du col de Vars (base du flysch à Helminthoïdes).


Cette érosion a dénudé le substratum autochtone de la nappe (et l'a même entaillé en y creusant le vallon de Dourmillouse) : ce dernier est constitué par la succession nummulitique des grès du Champsaur, qui affleure à l'ouest du vallon du Quartier d'Août et du col des Terres Blanches où il forme le massif du Pinier (voir la page "Prapic").

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Le versant occidental du chaînon de la Tête de Vautisse, vu de l'ouest, depuis le plan du Quartier d'Août (au nord-est du col des Terres Blanches).
n.P
= nappe du Parpaillon (flysch à Helminthoïdes) ; Br = bloc-klippe de matériel briançonnais ; SB = zone subbriançonnaise (flysch noir prédominant) ; Nol = formation olistolitique de la fin de sédimentation nummulitique autochtone ; cb = schistes noirs de base du flysch à Helminthoïdes.


Entre l'autochtone et la nappe du Parpaillon s'intercale un coussin pratiquement continu, épais de quelques dizaines de mètres, de flysch noir. Il emballe des lambeaux tectoniques de terrains jurassiques, crétacés et même nummulitiques de type subbriançonnais. En outre il supporte en deux endroits (à la Pointe des Uvernaus et au Roc Blanc) des galettes rocheuses de 1 à 2 kilométres de diamètre qui sont constituées par des calcaires dolomitiques caractéristiques du Trias de la zone briançonnaise : ce sont des "blocs-klippes"* bien caractérisés.

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Les abords du col des Terres Blanches, vus du S-SE depuis l'aplomb de la Tête de Soleil-Boeuf (en rive droite du Rabious).
Le haut vallon du Distroit (affluent de rive gauche du Rabious ; voir localisation sur le cliché du début de cette page) dénude des dalles structurales du flysch gréseux de la nappe du Parpaillon ; entre la Pointe des Rougnous et le col du Ruffy il perce ces couches en dénudant alors le matériel briançonnais et subbriançonnais qui forme la semelle de matériel charrié associé à la nappe.
Le bloc-klippe* du Roc Blanc, d'origine briançonnaise, est coiffé, à son sommet, par une minuscule klippe de flysch à Helminthoïdes ; il repose du côté ouest sur du flysch noir subbriançonnais (largement masqué sous cet angle) dans lequel est ouvert le col des Terres Blanches.



Carte géologique simplifiée des environs d'Embrun
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Embrun

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