Le Fornet, Arollay, Solaise
La très haute Tarentaise, immédiatement en aval des sources de l'Isère

Entre Val d'Isère et le Pont Saint-Charles la très haute vallée de l'Isère remonte d'ouest en est, presque parallèlement aux limites structurales de ce secteur, avant de s'étrangler dans les gorges du Malpasset qui font accéder au cirque des sources de l'Isère. Du côté septentrional la vallée est dominée par le petit chaînon de l'Aiguille du Dôme (3017) qui prolonge par un tracé en baïonnette celui, à structure anticlinale, de l'Aiguille du Franchet et de la Pointe de la Bailletta.

Le cours de l'Isère, qu'emprunte le tracé de la D.902 (ex. N.202), en amont (à l'est) de Val d'Isère remonte jusqu'au Pont Saint-Charles pour passer, plus à l'est sous la montagne de la Tsanteleina. Il coupe à angle aigu les contacts entre les unités originellement les plus hautes de ce dispositif renversé par l'anticlinal du Villaret : il traverse ainsi successivement l'unité briançonnaise du Fornet (originellement la plus basse), qui repose maintenant (par renversement) sur l'unité de la Tsanteleina laquelle repose à son tour sur l'unités piémontaise externe du Malpasset. Cette dernière se développe surtout en amont du Pont Saint-Charles, où elle est entaillée par les gorges qui portent son nom et qui donnent accès à la dépression du Prariond (voir la page "Galise").

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Le cours de l'Isère en amont du Fornet, vu du sud-ouest, depuis la table d'orientation de l'Arollay (route de l'Iseran). suite de ce panorama vers la gauche : voir la page "Franchet".
u.Fo = unité du Fornet ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ; u.MM= unité de Méan Martin (schistes lustrés ligures).
a.V = anticlinal du Villaret ; f.F = faille du Front (les demi-flèches indiquent le rejet décrochant) ; a.Fo = anticlinal du Fornet ; s.Is = synclinal de l'Iseran
jBr, csBr = brèches à énormes éléments ("méga-brèches") du Jurassique et du Crétacé.

En suivant la route on passe presque directement, au village du Fornet, de l'unité du Fornet à celle du Malpasset. En effet l'unité de la Tsanteleina, outre qu'elle y est déjà fort réduite en épaisseur, est en outre masquée là par un éboulement provenant des pentes de rive sud. Un kilomètre à l'est du Fornet les affleurements reprennent et le cours de la rivière décrit un coude pour couper en biseau le contact stratigraphique entre les dolomies noriennes et le Lias de l'unité du Malpasset, terrain dans lequel ce cours reste inscrit jusqu'au Pont Saint-Charles.

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La vallée de l'Isère immédiatement en amont du Fornet (vu de la sortie orientale du village).
u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ; n.MM= nappe de Méan Martin (schistes lustrés ligures) ; sIs = synclinal de l'Iseran (son axe n'est pas perpendiculaire mais presque parallèle au versant et traverse le cours de l'Isère en amont du Pont Saint-Charles).

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Le torrent des sources de l'Isère au débouché des gorges du Malpasset, vu du lacet 2094 de la D.902 au sud du Pont Saint-Charles.
u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ; a.B = anticlinal de Bazel.

Depuis le Pont Saint-Charles le tracé de la route de l'Iseran (D.902) gravit à flanc de pente l'épaulement glaciaire de la rive sud de la vallée de l'Isère. Il reste dans les couches du Lias de cette unité, disposées en série inverse avec un fort pendage vers le nord (c'est-à-dire de façon à peu près conforme à la pente topographique).
Après le chalet du Mollard (arrivée de bennes) et le franchissement du ravin de l'Iseran la route attaque l'échine saillante vers le nord qui soutient la Tête de l'Arollay. Elle traverse ainsi les unités de la Tsanteleina et du Fornet qui sont plaquées en un chevron montant à l'assaut du versant car elles y affleurent en une série renversée pentée plus fortement que le versant. La route montre surtout les quartzites de la seconde de des unités, qu'elle entaille assez longuement en encorbellement.

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Le contrebas du promontoire rocheux de l'Arollay vu de l'est depuis les abords du lacet 2253 de la D.902.
u.Fo = unité du Fornet ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset.
En arrière-plan l'empilement "normal" de ces trois lames tectoniques, tel qu'on l'observe à Solaise.
En premier plan on observe le même empilement, mais basculé vers la gauche (vers le sud), ce qui correspond au flanc nord du synclinal de l'Iseran (= flanc sud du dispositif anticlinal du Villaret).

Puis la route passe sur le versant occidental de l'échine, où son tracé devient presque N-S, ce qui lui fait recouper en sens inverse, à l'occasion d'un double lacet les contacts entre ces unités. Enfin la D.902 parvient au sommet de l'épaulement glaciaire en franchissant le coude de la Tête de l'Arollay.

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L'extrémité septentrionale de la crête des Lessières vu de l'ouest, depuis le revers est de la Tête de Solaise.
u.Fo = unité du Fornet ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ; u.MM = unité de Méan Martin (klippe supérieure de la crête) ; ØsL = chevauchement basal des unités de schistes lustrés ligures.
Le décalage des limites d'unités entre l'arrière-plan (pentes de la Tsanteleina) et l'avant-plan (échine de l'Arollay) est dû à ce que l'axe d'enroulement des unités empilées est oblique (plus E-W) à la direction de prise de vue du cliché.

Ce replat affecte l'extrémité septentrionale de la crête des Leissièreset se prolonge vers l'est par une échine herbeuse qui y souligne le sommet de l'épaulement qui ferme le vallon de l'Iseran. Il y a été édifié 150 m au nord-est du coude de la route (au point coté 2533) une table d'orientation avec commentaires géologiques (voir les photos commentées du panorama depuis ce point, aux pages "Val d'Isère", "Fornet", "Tsanteleina").
 Le rocher support de la table d'orientation est formé par une lame de marbre clair qui est incluse dans le flysch noir de l'unité de la Tsanteleina (sans doute en olistolite ?). Ces schistes noirs forment le soubassement des basses prairies du vallon de l'Iseran, situées juste en amont de l'épaulement. Le Lias de l'unité du Malpasset, qui forme l'essentiel des rochers de la crête des Leissières à cette latitude, affleure un peu plus à l'est, dans le ravin qui monte vers le col. Mais on ne peut pas le voir le long de la route car il y est masqué par des éboulis.

C'est après avoir franchi le promontoire de l'Arollay que la D.902 rentre dans le vallon suspendu de l'Iseran, largement ouvert, jusqu'au col, et s'y élève dans les schistes lustrés de la nappe de Méan Martin qu'entaillent également, sur sa rive opposée (orientale), les pentes du Signal de l'Iseran (voir la page "Iseran").

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Le versant de rive gauche de la vallée de l'Isère au sud de Val d'Isère, vu du nord- ouest depuis les chalets orientaux de la Tovière.
u.MM = unité de Méan Martin ; u.Mp = unité du Malpasset : "cs" y désigne l'ensemble des couches postérieures au Lias (voir plus de détails à la page "Iseran") ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Fo = unité briançonnaise du Fornet (repli de Laisinant).

À l'ouest de la crête des Lessières descend, parallèlement depuis la crête de l'Ouillette, une échine d'alpage qui en est séparée par la Combe de Laisinant. Elle est presque entièrement formée, jusqu'à son entaille occidentale par la Calabourdanne par les schistes lustrés de l'unité de Méan Martin. Mais elle supporte, en klippes reposant sur une semelle de cargneules, quelques chapeaux peu épais de Lias de l'unité de Malpasset, notamment celui qui la termine avec la Tête de Solaise.

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La Tête de Solaise vue depuis la table d'orientation géologique de la Tête d'Arollay.
u.mM = unité de Méan Martin ; u.Mp = unité du Malpasset ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Fo = unité briançonnaise du Fornet.

Les pentes septentrionales de ce sommet, qui tombent presque directement sur la partie orientale de l'agglomération de Val d'Isère prolongent quant à eux le soubassement de l'Arollay. L'essentiel de la partie supérieure de la Tête du Solaise elle-même est formé par les calcaires noirs du Lias de l'unité du Malpasset

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Le côté oriental de la Tête de Solaise (Combe du Laisinant), vu du point coté 2340 de la D.902, dans les pentes ouest de la Tête de l'Arollay.
u.mM = unité de Méan Martin ; u.Mp = unité du Malpasset ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Fo = unité briançonnaise du Fornet (repli de Laisinant).

Mais du côté ouest les affleurements de cette unité du Malpasset s'étranglent progressivement vers le bas, pour s'y limiter à l'échine sur laquelle sont installés les pylones du téléphérique et n'atteint pas le fond de vallée. Leurs calcaires reposent en fait sur une bande de calcschistes que l'on peut attribuer à l'unité de la Tsanteleina
Du côté nord, entre Val d'Isère et Le Fornet, ces affleurements reposent par l'intermédiaire d'une forte bande de cargneules sur les calcaires triasiques et les quartzites de l'unité du Fornet : ceux-ci
débordent sur cette rive sud de la vallée, en y formant l'essentiel de ses escarpements boisés, à la faveur d'un repli anticlinal visible dans la combe de Laisinant.

La coupe des basses pentes de la Tête du Solaise par la Calabourdane (voir la page "Pissets") montre, au niveau du village du Châtelard, que les schistes lustrés de l'unité de Méan Martin s'y terminent vers le nord en dessinant cartographiquement un synclinal pincé déversé vers le sud : on peut y voir le prolongement occidental du synclinal de l'Iseran (voir la page "Galise"). La surface de charriage entre unité du Malpasset et nappe de Méan Martin yreste soulignée par une lame de cargneules, d'épaisseur pluri-décamétrique, qui affleure assez largement aux abords sud du sommet (Lac de l'Ouillette) et garnit aussi le haut de son versant ouest.

 Dans ce versant, il n'y a donc plus trace, entre ces deux unités imbriquées, de l'unité de la Tsanteleina, qui s'y intercale plus au NE : elle y a sans doute été laminée tectoniquement. Il faut aller vers le sud en rive gauche du vallon de la Calabourdanne (voir page "Pissets") et dans les crêtes du Pelaou Branc et du col de la Rocheure (voir page "Fours") pour voir réapparaître les brèches néo-crétacées caractéristiques de cette dernière unité.

Quant à l'Unité du Malpasset elle n'est plus représentée en rive occidentale de la Calabourdanne : les affleurements plus occidentaux du vallon des Pissets, s'ils sont clairement rattachables au même domaine paléogéographique (de la Grande Motte), appartiennent donc à un lambeau tectoniquement isolé.

 

aperçu général sur la Vanoise
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Tignes

Carte géologique simplifiée des abords de Val d'Isère

redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest < cartes voisines > plus à l'est
plus au sud
Autre découpage de la même carte, par coupures moins agrandies et couvrant des secteurs plus larges

Franchet

Tsanteleina

Grande Sassière
Val d'Isère

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