Prariond, Galise, sources de l'Isère
cirque des sources de l'Isère, autour du refuge du Prariond

C'est immédiatement à l'est du Pont Saint-Charles (voir la page "Fornet"), entre les montagnes de la Tsanteleina au nord et du Signal de l'Iseran au sud que l'Isère naît à proprement parler, sous l'aspect d'un torrent qui s'échappe du cirque glaciaire où se trouvent ses sources. Les torrents de fonte des divers glaciers qui constituent ces dernières se réunissent en effet au plan alluvial dénommé Le Prariond (au pied du refuge portant son nom), avant de s'échapper de ce vaste cirque (voir clichés plus loin dans cette page) par les gorges du Malpasset.

image sensible au survol et au clic

  Le torrent de l'Isère naissante au débouché des gorges du Malpasset, vu des abords sud-est du Pont Saint-Charles (lacet 2094 de la D.902).
u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ; a.B = anticlinal de Bazel.

Ce cirque est limité du côté septentrional par la partie de la crête frontière qui court depuis le sommet de la Tsanteleina jusqu'à celui de la Galise. Cette longue crête donne une coupe naturelle qui entaille un empilement de lames rocheuses, toutes modérément pentées vers l'ouest, qui déterminent de puissantes barres rocheuses traversant en biais le versant septentrional du cirque et qui se terminent sur la crête par autant de ressauts regardant vers l'est (vers l'Italie).

image sensible au survol et au clic

Les crêtes de rive droite du vallon des sources de l'Isère vu du sud, depuis le col Pers (le cours de la vallée de l'Isère est masqué par les pentes des Plates du Vallonnet et du Rocher du Léchoir, qui appartiennent à sa rive gauche).
Sous cet angle les surfaces de chevauchement, notamment de celle du Prariond, sont pratiquement vues d'enfilade). Cependant cette coupe est orientée sensiblement W-E alors que les axes des plis qu'elle traverse ont une orientation SW-NE : elle n'est donc pas vraiment orthogonale aux structures et donne une vue quelque peu déformée dans le sens d'un étirement des flancs de plis (ils affleurent donc assez longuement dans ces abrupts et ont, de ce fait, l'air plus aplatis qu'ils ne le sont réellement).
u.MM
= unité du Signal de l'Iseran (nappe de Méan Martin) ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ; u.Pr = unité du Prariond ; u.Al = unité de l'Albaron et de l'Aiguille Pers.

Essentiellement formées par des calcaires et séparées par des vires de calcschistes, ces barres rocheuses appartiennent à plusieurs unités tectoniques empilées, dans lesquelles on reconnaît des termes appartenant, de haut en bas, à l'unité de la Tsanteleina (à caractère briançonnais), à celle du Malpasset (à caractère piémontais externe), à celle du Prariond (dont le Trias supérieur supporte des schistes lustrés) et enfin la nappe de l'Albaron, formée de schistes lustrés liguro-piémontais.

Dans les anciennes publications les deux unités du Malpasset et du Prariond étaient groupées sous le nom de "faisceau du Prariond" et considérées comme un éventail de plis enveloppé par les schistes lustrés et s'épanouissant du NE vers le SW.

En fait, dans les pentes qui s'élèvent en rive droite au dessus des gorges du Malpasset, l'unité du Malpasset a une structure synclinale et c'est apparemment elle qui s'ouvre en rive gauche en hébergeant en son cœur la grosse klippe du signal de l'Iseran (nappe de Méan Martin). Les dolomies triasiques du flanc méridional de ce synclinal de l'Iseran suivent le bord de cette klippe en formant notamment la zone de dalles structurales des Plates du Vallonnet qui se dirige vers le col Pers mais sans l'atteindre. Elle s'y poursuit cependant par la bande de gypses et cargneules qui passe en contrebas est du col de l'Iseran.

Parallèlement à ce flanc sud du synclinal couché de l'Iseran passe plus à l'est une bande de schistes lustrés qui reposent sur des dolomies noriennes dotées d'une forte semelle de cargneules : on peut l'appeler unité du Prariond car c'est à peine au dessus du refuge de ce nom qu'elle repose sur l'unité de l'Albaron. Au sud de la gorge du Malpasset elle s'effile à son tour mais semble se prolonger, à l'est du Col Pers, que par les cargneules qui franchissent la crête entre la Pointe Pers (3317) et l'Aiguille Pers : elle apparaît donc comme la terminaison septentrionale de l'unité du Charbonnel (voir la page "Iseran est").


image sensible au survol et au clic

Les crêtes du versant septentrional du cirque du Prariond, vues de l'est depuis le sommet du Grand Cocor (entre col de la Galise et col de la Lose, sur la frontière franco-italienne).
u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ; u.Pr = unité du Prarion" ; u.Al = unité de l'Albaron et de l'Aiguille Pers.
On distingue aisément le synclinal couché, ouvert vers l'est, de la Pointe de Calabre : son cœur est occupé par des marbres chloriteux néocrétacés.
voir les détails de la falaise de la Pointe de Bazel à la page "Tsanteleina".

Ce mille-feuilles tectonique repose enfin sur les schistes lustrés (à caractère ligure) de la nappe de l'Albaron. Ils affleurent depuis le refuge du Prariond en s'élevant dans le versant jusqu'à former la crête frontière à la Pointe de la Galise.


Le versant SW de la Pointe de La Galise vu du SW depuis le Col Pers.
Le fond du talweg des sources de l'Isère est masqué derrière le crête du Léchoir, qui descend de la Pointe Pers.
u.Mp = unité du Malpasset ; u.Pr = unité du Prarion" ; u.Al = unité de l'Albaron et de l'Aiguille Pers.

Puis ils forment, plus au côté sud-est, toute la partie la plus rentrante du cirque des sources de l'Isère, en passant par le Col et la Cime de la Vache, jusqu'à la Cime d'Oin.

image sensible au survol et au clic

Le fond du cirque des sources de l'Isère vu depuis le débouché amont des gorges du Malpasset.

C'est cette même nappe de l'Albaron qui forme également la plus grande partie de la rive méridionale du cirque et la crête de partage des eaux entre Isère et Arc, depuis la Grande Aiguille Rousse en passant par la Pointe du Gros Caval jusqu'à l'Aiguille Pers inclue. Les schistes lustrés y enveloppent d'importantes masses de "roches vertes" : les deux plus notables sont celle qui forme les escarpements du soubassement du Grand Cocor et celle qui forme les arêtes descendant de la Pointe du Gros Caval vers l'Isère, dont la voûte plonge sous les schistes lustrés de la rive du refuge.

image sensible au survol et au clic

L'extrémité sud-orientale du cirque des sources de l'Isère, vue du nord-ouest depuis le sommet du Grand Cocor (entre col de la Galise et col de la Lose, sur la frontière franco-italienne).
u.Bo = unité de schistes lustrés ligures de Bonneval ; u.Al = unité de schistes lustrés ligures de l'Albaron et de l'Aiguille Pers ("gn.prs" = gneiss prasinitiques).
Le pendage des strates comme celui de la surface de chevauchement (en vert pâle) est dirigé vers l'avant droit, c'est-à-dire vers l'W-NW. La surface de chevauchement de l'unité de l'Albaron passe en contrebas gauche des cimes d'Oin et de la Vache, c'est-à-dire dans leur versant oriental, italien ; elle passe aussi dans le revers est (masqué) des Aiguilles Rousses (voir la page "Carro") .

En définitive la profonde entaille donnée par le cirque des sources de l'Isère montre un dispositif d'empilement d'unités où les plus internes (celles de schistes lustrés ligures) s'enfoncent vers le nord-ouest sous d'autres unités d'origine plus externe (lesquelles sont sont en position supérieure) : Il témoigne donc de façon extrèmement convaincante de l'intervention d'un renversement tardif, vers le sud-est, d'unités antérieurement imbriquées par des chevauchements "proverses" (grossièrement dirigés vers le nord-ouest). Ce renversement correspond en fait au flanc inverse, méridional, d'un grand pli d'axe WSW - ENE, l'anticlinal du Villaret (voir la page "Franchet").

image sensible au survol et au clic

La partie aval du cirque du Prariond vue d'amont depuis le sommet du Grand Cocor (sommet situé entre col de la Galise et col de la Lose, sur la frontière franco-italienne).
u.MM = unité du Signal de l'Iseran (nappe de Méan Martin) ; s.I = synclinal de l'Iseran ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ; u.Pr = unité du Prariond ; u.Al = unité de l'Albaron et de l'Aiguille Pers.

La coupe du thalweg de l'Isère est orientée sensiblement W-E alors que les bandes de terrains qu'elle traverse ont une orientation SW-NE : elle n'est donc pas orthogonale aux structures et l'entaille de ses flancs donne, du fait de leurs inclinaisons opposées, une géométrie d'intersection avec les couches qui est différente d'un versant à l'autre.
C'est pour cette raison que les unités les plus internes affleurent sur une grande surface en rive gauche (méridionale) où leurs couches de schistes lustrés tendent à former des dalles structurales inclinées vers le NW, c'est-à-dire vers l'aval de la vallée. En rive droite les replis des unités plus externes, armés de forts niveaux calcaires, sont coupés en biais, avec un angle aigu par rapport à leur axe, par les abrupts qu'ils déterminent : cela en donne une vue quelque peu déformée dans le sens d'un étirement des flancs de plis (ils affleurent donc assez longuement dans ces abrupts et ont, de ce fait, l'air plus aplatis qu'ils ne le sont réellement).


aperçu général sur la Vanoise
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Tignes.


Carte géologique simplifiée des abords de la Galise

redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest < cartes voisines > plus à l'est
plus au sud
Autre découpage de la même carte, par coupures moins agrandies et couvrant des secteurs plus larges


Tsanteleina

Val de Rhêmes

Fornet

LOCALITÉS VOISINES

col de l'Iseran

Le Carro ; Levanna

N.B. Les localités entre parenthèses appartiennent à une autre section du site et leur page s'ouvrira avec l'en-tête correspondant.

accueil section Vanoise

début de la page

sommaire de GEOL_ALP

Aller à la page d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le 3/03/19