Le Grand Mont

Le sommet majeur du Beaufortain occidental

Ce sommet est le point culminant, à 2686 m, de la partie sud-occidentale du massif. Il se caractérise par sa silhouette lourde, presque tabulaire, formant une échine doucement plongeante vers le nord-est, qui ferme, vu du nord, le tableau de la vallée d'Arêches.

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Le versant nord du Grand Mont, vu du nord depuis les pentes de la route D.218 des Saisies.
voir en fin de page l'interprétation géologique de ce versant.


Ce profil est nettement dû à la structure géologique de son échine culminante, orientée NE-SW, qui s'avère être garnie par une série de d'affleurements triasiques qui sont les seuls restes, d'ailleurs discontinus, de ce que la dénudation de la pénéplaine anté-triasique a respecté de sa couverture sédimentaire. Ces témoins pendent de plus en plus vers le sud-est, ce qui montre que cette voûte de socle appartient déjà à la retombée orientale de la voûte du rameau interne de Belledonne et leur alignement s'abaisse doucement vers le NE, ce qui correspond à un ennoyage progressif de cette voûte de socle (de la même façon que plus à l'ouest aux Saisies).

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Le Grand Mont vu du nord-est, depuis le Mont des Acrays
s.pa = surface de la pénéplaine anté-triasique (tirets rouges) ; f.L = faille de la Louze ; f.R = faille des Rognoux.
Noter le grand placage de grès et dolomies triasiques des alpages des Rognoux : il est conservé presque au faîte de la voûte du socle cristallin, à la faveur du débitage en marches d'escalier de cette dernière par la faille des Rognoux et ses satellites. L'ensemble de cette voûte plonge vers le NE (vers l'avant droit) et s'enfonce ainsi, au nord du lac de Saint-Guérin, sous les imbrication de Terres Noires et de Tithonique de la Roche Parstire (qui prolongent celles de la rive orientale du vallon de la Louze).


Ces lambeaux résiduels de terrains triasiques y garnissent des replats, dénivelés en escaliers par des petites failles : le plus important de ces affleurements est celui des prairies des Rognoux et le plus élevé forme un petit entablement au sommet lui-même.


Le sommet du Grand mont vu de son épaulement sud-ouest : la dalle de grès triasiques, enduite de dolomie, recouvre la surface de la pénéplaine anté-triasique (tirets blancs), doucement inclinée vers l'est.


Du côté sud l'échine sommitale du Grand Mont est tranchée brutalement par les escarpements qui tombent sur les lacs de la Tempête (voir la page "Comborsier"). Ils se succèdent au fond d'une vallée suspendue, nettement dotée d'une section en U (qui indique son creusement par une langue glaciaire) ; mais rien ne porte à penser que cette vallée transversale au chaînon corresponde à un accident tectonique.

Du côté oriental de la crête la surface du cristallin, après s'être abaissée doucement sur une largeur d'environ 1 km, s'effondre plus brutalement par des escarpements qui forment la rive gauche du vallon de La Louze.

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Le versant oriental du Grand Mont vu du sud-est depuis le sommet de la Pointe de Riondet
spa = surface de la pénéplaine anté-triasique : le fragment sommital (dénudé par l'érosion) et cerné par un tireté ; les deux affleurements résiduels de Trias basal, gréso-dolomitique, de ce pupitre sommital sont soulignés d'un trait rouge épais.
f.L = faille de la Louze


Les terrains sédimentaires qui affleurent au fond du vallon de La Louze viennent en contact avec le cristallin par l'intermédiaire d'un chapelet d'affleurements triasiques (surtout des cargneules) et, par places, de lambeaux de Lias calcaire. Il n'est pas douteux que ce contact correspond à une importante cassure, la faille de La Louze : en effet la surface de contact est sub-verticale et garnie de cargneules (qui affleurent au col même) et le compartiment oriental de cette faille est fortement abaissé car constitué presque directement par des terrains d'âge jurassique moyen (voir la page "Riondet").

 Ces dispositions portent même à penser qu'il s'agit là d'une cassure qui a fonctionné dès le Jurassique, en jouant le rôle de faille limite entre le bloc surélevé du rameau interne de Belledonne et un hémigraben* de Roselend - La Louze, situé plus à l'est.

Le versant nord-occidental de la montagne, draîné par l'Argentine, entre le sommet, le col de la Bâthie et Arêches, a un relief plus tourmenté et une structure beaucoup plus torturée. En fait il est hâché en biais par un faisceau d'accidents fortement pentés vers le sud-est et d'orientation NE-SW. Ils découpent le grand bloc de socle cristallin du rameau interne de Belledonne en une succession de lanières parallèles, de constitution relativement différentes, et entre lesquelles s'intercalent d'étroites bandes de terrains sédimentaires.

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i
Le Grand Mont et les environs d'Arêches (vallée de l'Argentine) vus depuis la crête du Mont Brigou, au dessus d'Hauteluce.
spa = surface de la pénéplaine anté-triasique ; f.L = faille de La Louze : limite orientale du socle cristallin du rameau interne de Belledonne ; g.S = prolongement du graben du Sallestet ; a.mB = accident médian de Belledonne ; a.cB = accident de Beaufort - col de La Bâthie (surface de la pénéplaine anté-triasique frictionnée en faille extensive).
Cassures "alpines" affectant le bloc de Belledonne oriental :
f.R
= faille des Rognoux ; f.Lt = faille du Lac Tournant ; f.C = faille de Cuvy ; f.D = faille du Dard ; f.gC = faille de la Grande Combe. Ces failles se manifestent en général seulement par un alignement plus ou moins continu d'affleurements de cargneules insérés avec un fort pendage vers le SE entre les blocs de socle cristallin qu'elles séparent en escalier.
Accidents "houillers" (anciens grabens ?) :
h.D = bande de houiller de la pointe du Dard ; h.gC = bande de houiller de la Grande Combe : c'est dans ses pélites qu'étaient ouvertes, sur le versant sud (opposé) de la crête, les ardoisières de Cevins (voir la page "Comborsier").


- Les accidents les plus proches de la crête sommitale sont des failles d'extension alpine, dont le contenu mésozoïque s'épanouit à l'affleurement vers le nord, dès le plateau de Cuvy et surtout au nord d'Arêches.

- Les accidents les plus proches du col de la Bâthie et du thalweg de l'Argentine réactivent d'anciens grabens hercyniens, à contenu de pélites du houiller. Ce rejeu alpin est démontré par la présence de lambeaux de cargneules et même de calcaires liasiques coincés en bordure notamment de la bande de schistes houillers de la Grande Combe (et des ardoisières) ; c'est ce sont témoigne aussi le fait que, de part et d'autre du col de la Bâthie la faille principale de l'accident médian de Belledonne suit très exactement la bande houillère qui borde du côté ouest la bande des schistes chloriteux.

image sensible au survol et au clic  Le versant méridional du col de la Bâthie et de la crête qui s'en élève jusqu'au Grand Mont (voir le versant opposé à la page "Grand Mont").
ac.mB
= accident médian de Belledonne ; ac.B = accident de Beaufort - col de La Bâthie (surface de la pénéplaine anté-triasique, frictionnée en faille extensive).
Cassures "alpines" affectant le bloc de Belledonne oriental :
h.D = pincée de houiller de la faille du Dard ; f.gC = faille de la Grande Combe.
Les deux anciennes ardoisières "de la Bâthie" (B), de Cevins (C) exploitaient les schistes houillers du flanc oriental de la bande (anticlinale ?) de micaschistes chloriteux.

 Le fait que ces mêmes accidents s'observent aussi jusqu'au pied du versant de la crête de partage des eaux qui tombe sur la vallée de la basse Tarentaise témoigne de leur grande continuité (voir la page "Comborsier"). En outre ils se caractérisent par leur parallélisme entre eux et avec l'accident médian de Belledonne et leur fort pendage, ce qui s'accorde assez mal avec une interprétation en termes d'imbrications, et sans doute mieux avec un jeu en coulissement.
Par ailleurs le fait que l'on y trouve pincées des lames de cargneules et des lambeaux lenticulaires de couches liasiques, le plus souvent sans conservation des couches de base du Trias ailleurs collées à la surface du socle, ne s'incrit guère non plus dans le sens d'un jeu en failles imbriquées : cela implique plutôt un certain remplissage per descensum de matériel sédimentaire (bien sûr écrasé ensuite lors des serrages finaux) à la faveur d'une première réactivation, en extension, des anciens accident hercyniens.


Aperçu d'ensemble sur la structure du Beaufortain occidental

carte géologique au 1/50.000° à consulter : feuille Bourg-Saint-Maurice.

Carte géologique simplifiée
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074


Mirantin

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La Bâthie, Comborsier

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