col de Longet, Bric de Rubren
cours amont supérieur et sources de l'Ubaye

L'Ubaye prend ses sources au col de Longet, frontalier avec le vallon italien de la haute Varaita. Le Bric de Rubren est le sommet, bien visible dans l'enfilade du fond de la vallée tout-à-fait supérieure de l'Ubaye, qui culmine sur la frontière franco-italienne peu au sud-est du Col de Longet.

N.B. : Selon les cartes, l'I.G.N. utilise les termes col et lac du ou de Longet (cette dernière graphie, qui a cours sur les cartes au 1/25.000° les plus récentes, est celle qui a été adoptée ici)

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Les crêtes des sources de l'Ubaye, vues du sud-ouest depuis la Tête du Seingle.
La perpective étant très défavorable pour observer la disposition des bandes rocheuses on n'a indiqué que quelques affleurements importants à repérer.


Entre le plan de Parouart et le col de Longet, cette vallée traverse le grand synclinal du ValMollasco (voir la page "Maira") dont le cœur est occupé par les unités liguro-piémontaises de schistes lustrés à roches vertes. Il y tranche une succession d'unités, toutes liguro-piémontaises, qui sont imbriquées et qui se superposent en plongeant du nord-est vers le sud-ouest. Chacune est fondamentalement un pli couché aplati, à coeur d'ophiolite, dont le plan axial pend en moyenne à 30° vers le sud-ouest.


Coupe schématique le long des crêtes de rive droite (septentrionale) du cours supérieur de la Haute Ubaye
en amont de Maurin.
Sur ce schéma le dessin des différentes unités de schistes lustrés ligures est très simplifié, dans le but de faire surtout apparaître leur imbrication et leur géométrie fondamentale, en synformes* de série renversée.
Tout le matériel piémontais est logé dans un vaste berceau synclinal déversé vers l'est dont la charnière se situe plus bas que la limite du dessin : le fond de ce synclinorium* du val Mollasco vient au jour,15 kilomètres plus au sud, à Acceglio.


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Les crêtes entre lesquelles coule la très haute vallée de l'Ubaye (cette dernière est masquée derrière la crête de la Gavie), vue du S-SE depuis la Tête de Gandin (cliché original obligeamment communiqué par Mme. D. Soyez).
f.PE = faille du Péouvou oriental ; a.rN = anticlinal (synforme*) de Roche Noire ; a.G = anticlinal (synforme*) de la Gavie (ce pli se situe plus haut dans l'empilement de plis couchés que celui de Roche Noire) ; "jmbr" = formation détritique rousse (Dogger).


La cartographie et l'analyse microstructurale révèlent en outre que ces unités ont été replissées, secondairement, par deux générations de plis postérieurs au charriage (désignées ci-dessous par P2 et P3) l'une et l'autre déversée vers l'ouest du domaine piémontais, mais avec des pendages différents.


Coupe détaillée en rive gauche de l'Ubaye, parallèle à la crête frontière franco-italienne et proche de cette dernière (extrait de GOUT C., 1987).
Sur cette transversale orientale la grosse masse de serpentinites de la Roche Noire n'affleure plus (sans doute enlevée par l'érosion) ; l'enveloppe de marbres de son anticlinal n'est plus représentée que par une modeste lame affleurant en rive gauche du vallon de Rubren.

La première de ces unités que l'on rencontre en remontant la vallée est celle de Roche Noire, dont les serpentinites affleurent surtout en rive droite, jusqu'à la crête de partage des eaux avec le Guil (voir la page "Cristillan") ; elles se poursuivent en rive gauche que dans le bas du vallon du Rubren, où se trouve une ancienne carrière de marbre. Cette unité est dotée de replis anticlinaux supérieurs, plus aplatis, dont les cœurs de serpentinites affleurent, en rive gauche, dans la crête de la Javie.

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Les deux flancs de la haute vallée de l'Ubaye vus du nord, depuis le col sud du Cristillan.
En premier plan un bel affleurement de serpentinites (srp) dont un épandage d'éboulis garni le vallon des Prises (noter la patine rouille des éboulis de la partie droite du cliché : il est fréquent que les "roches vertes" soient rouges dans le paysage !
En arrière-plan, dans le vallon de Rubren on observe le reploiement du coeur de l'Unité de Roche Noire par des plis rétrodéversés P2 dont les têtes anticlinales aplaties affleurent en bandes dans le versant de La Gavie.


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Les crêtes frontalières de rive gauche de l'Ubaye au sud du Bric de Rubren, vues du sommet de la Crête du Cristillan.


Le coude que fait l'Ubaye aux abords de la cabane du Peyron correspond au franchissement d'un ressaut déterminé par le franchissement de la barre des marbres jurassiques de l'unité de la Cula. Cette unité se singularise par le fait que ses marbres reposent sur des mégabréches (à éléments pluri-décamétriques) essentiellement constituées de blocs de dolomie triasique (ce qui n'est pas sans évoquer les brèches de l'Alpet de la partie supérieure de la série de l'unité ultra-briançonnaise de Combe Brémond)

Plus en amont l'unité du Bric de Rubren se caractérise par un beau développement de marbres jurassiques tandis que leur soubassement basaltique se réduit à des lames intercalées, qui représentent autant de coeurs de replis d'un grand anticlinal couché.

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Les sources de l'Ubaye et le col Longet vus de l'ouest, depuis la crête du Cristillan (sommet 3096 de la Tête de la Cula).
ØSL = surface de charriage des unités de schistes lustrés sur l'unité ultra-briançonnaise (Br) du Pelvo d'Elva.
u.R = unité du Rubren ; u.C = unité de la Cula
Ps = schistes volcano détritiques permiens ; M = marbres du Malm et du Crétacé supérieur, transgressifs sur le Permien ; js = marbres jurassiques reposant sur les roches vertes (bz = basaltes de l'Unité du Rubren) ou sur les mégabrèches à éléments dolomitiques (tdbr) dans l'unité de la Cula.


Le sommet du Bric de Rubren lui-même est formé par une tête anticlinale de basalte enveloppée par les marbres ; la charnière du pli est déversée vers le SW et on peut donc la qualifier de "plongeante" car son plan axial pend dans ce même sens (son dessin est celui d'une synforme) ; son soubassement est constitué par l'accordéon des plis plus aplatis des Rochers de Rubren et de la Pointe de Cornascle...

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Le Bric de Rubren vu du nord-ouest depuis la rive droite de l'Ubaye (crête de Cristillan) (cliché original obligeamment communiqué par Mme. D. Soyez).
a.L = anticlinal du Loup : a.R = anticlinal du Rubren : on voit son cœur de basalte ("bz") mais sa charnière dessinée par les marbres ("js") est masquée derrière la Pointe de Cornascle.


Au Lac de Longet le plancher du cirque des sources de l'Ubaye atteint le soubassement des unités piémontaises. Celui-ci réapparaît là, sur les crêtes dominant la haute vallée de la Varaita, à la faveur d'un grand anticlinal couché vers le nord-est (cf. coupe 2). Il est constitué par les terrains en prédominance siliceux, d'âge permien, qui supportent de façon discontinue (notamment aux abords sud du lac de Longet) une couverture de marbres du Malm et du Crétacé supérieur (ces derniers ont fourni des microfaunes qui ont permis leur datation), ce qui le rattache aux unités ultra-briançonnaises (plus précisément à celle du Pelvo d'Elva (cf. coupe 2).

consulter l'aperçu structural général sur la zone briançonnaise méridionale


cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Aiguille de Chambeyron

Carte géologique simplifiée du cours amont de l'Ubaye
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074


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