Saint-Ours : abords du village

pentes les plus septentrionales de la rive droite de l'Ubayette
Voir la page consacrée aux Rochers de Saint-Ours

Les escarpements rocheux inférieurs du versant occidental des Rochers de Saint-Ours dominent directement le village de Saint-Ours, lui même suspendu au dessus de la vallée de l'Ubayette. Ces escarpements sont essentiellement entaillés dans les couches, en grande prédominance calcaires, de la nappe briançonnaise du Châtelet alors que les pentes situées sous le village sont formées par le matériel à prédominance de schistes argileux, donc à relief beaucoup plus "mou", de l'unité de Serenne des nappes de flysch de l'Embrunais.

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Les glissements du versant du village de Saint-Ours, vus de la rive gauche de l'Ubayette, depuis le Fort Lacroix.
Les tracés en rose correspondent aux mouvements les plus anciens ; ceux en rouge à ceux plus récents.


Le village de Saint-Ours lui même est installé sur un replat qui correspond au sommet d'un très ancien paquet tassé dont la crevasse d'arrachement a excavé la pente en amont du village. C'est le replat sommital du colmatage morainique qui s'est trouvé abaissé ici de plus de 200 m par rapport à sa position originelle (on en retrouve des témoins, plaqués à plus de 1900 m d'altitude, sur les bas abrupts des rochers de Saint-Ours). La loupe frontale de ce glissement porte le village de Meyronnes. Entre les deux villages le versant n'est pas totalement stabilisé et se remet en mouvement, localement, de façon épisodique.

Un glissements de terrain, plus petit mais très représentatif de la morphologie liée à ce genre de phénomène, est entré en activité au nord du village de Saint-Ours dans les années 80, à partir du lambeau résiduel de colmatage glaciaire que le sentier du col de Mirandol contourne par le haut.

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Le glissement de terrain morainique de Saint-Ours vu de la rive gauche de l'Ubayette, depuis le Fort Lacroix (état le 8 septembre1987).


Les abrupts qui dominent le village de Saint-Ours appartiennent pour l'essentiel à la nappe briançonnaise du Châtelet (voir la page "Rochers de Saint-Ours"). Son matériel est, dans l'ensemble, ployé par une charnière anticlinale déversée vers le SW. L'érosion y a souvent décapé les marbres en plaquettes de la partie haute de la succession briançonnaise jusqu'à dénuder la dalle des marbres rouges du Malm. À maints endroits elle a en outre disséqué les couches triasiques sous-jacentes, à la faveur de profonds ravins qui fournissent des coupes naturelles montrant la disposition des couches de cette nappe presque sur toute son épaisseur.

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Le versant occidental des Rochers de Saint-Ours, vu du sud-ouest, depuis les pentes de la montagne de Siguret (rive gauche de l'Ubayette).
f.sO = accident de Saint-Ours, limitant l'unité de Serenne du côté nord-oriental (noter qu'il recoupe ØH et f.P) ; ØH = surface de chevauchement des klippes de flysch à Helminthoïdes ; f.C = faille de La Courbe ; ØC = surface de chevauchement de la nappe du Chatelet ; écP = écailles du Pinet ; f.P = faille du Pinet.


Comme dans la partie plus orientale de la nappe du Châtelet (environs de Fouillouse, etc...), cette voûte anticlinale est hâchée d'un réseau de failles. Certaines, orientées NW-SE s'avèrent être d'anciennes cassures extensives, la plupart à compartiment oriental abaissé (ce rejet est à l'opposé de celui qu'auraient des failles compressives liées aux mouvements de la nappe).

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Le versant occidental des Rochers de Saint-Ours, vu de l'ouest, depuis le col de Mirandol (extrait de la publication n° 024 ).
La vue est orientée presque dans l'axe de la demi-voûte anticlinale (a.sO) que dessine la nappe du Châtelet et qui la fait plonger vers la droite en butant et en se tordant en crochon contre les flyschs de l'unité de Serenne (qui occupent le versant gauche de la vallée de l'Ubayette) par l'intermédiaire de l'accident de Saint-Ours (f.sO).
Cette voûte est affectée par un réseau serré de cassures (figures ci-après) : F1 = faille transversale de la Courbe, F2 et F3 = faille longitudinales de la Courbe (ce sont peut-être des failles satellites de la faille du Ruburent : cf cliché vu du sud) ; F4 à F5 = failles NW - SE sans doute anciennes et originellement extensives, car déformées par le plissement.
N.B. C'est le Rocher de Luce (2218 de la carte IGN) qui est désigné sur la croquis du nom de "Aiguille de Saint-Ours"



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Coupe naturelle du versant sud-ouest des Rochers de Saint-Ours
Détail de la rive droite (septentrionale) du ravin de Sainte-Anne, vue depuis l'arête SW de la Tête des Bréquets. (extrait de la publication n° 024 ).
Le pendage des couches s'accroît depuis le haut (NE) vers le bas (SW), en dessinant une large voûte anticlinale déversée vers le SW. On a indiqué, sur le schéma encadré, que cette inflexion se termine plus bas (en dehors du champ de l'image) par une charnière anticlinale couchée qui est celle de la mine de Saint-Ours (voir ci-après) et qui a toutes les apparences d'un crochon* par rapport à l'accident chevauchant (Ø) qui marque le pied des abrupts (il était originellement interprété comme la surface de charriage de la nappe mais plus vraisemblablement constitué par la faille post nappes du Pinet).
Ce dessin met en évidence les multiples failles extensives (F1 à F3) qui affectent la pile des couches : leurs surfaces de cassures, à peu près horizontales dans les parties les plus profondes, ont été visiblement tordues par le plissement : il s'agit sans doute de failles synsédimentaires, d'âge secondaire. On voit que les compartiments droits, originellement abaissés, ont en outre été déformés en crochons (le sens de ces derniers indique un rejeu en faille inverse qui est cohérent avec le sens de déplacement de la nappe).



À la base des escarpements qui dominent le village de Saint-Ours, les couches de la nappe du Châtelet se renversent en dessinant la charnière du Rocher de Luce au flanc duquel se trouvaient les anciennes mines de charbon de Saint-Ours.


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Détail des abrupts inférieurs des Rochers de Saint-Ours, au dessus du village, au débouché du ravin de Sainte-Anne
vu du village (extrait de la publication n° 024 )

On voit bien la charnière anticlinale couchée que dessinent les couches de la nappe du Châtelet au Rocher de Luce (2218 = "Grande Aiguille de Saint-Ours"). Les entrées de mine (1) correspondent à d'anciennes exploitations de charbon dans les couches de base du Dogger (Ds). On a distingué par un figuré spécial le Malm (2) et le Trias dolomitique (3).


Le raide talus dominant le village de Saint-Ours est séparé des escarpements rocheux qui commencent avec le Rocher de Luce par la faille du Pinet, qui traverse le versant obliquement en perdant de l'altitude vers l'ouest ; cette importante cassure est décrite à la page "Viraysse".

La charnière du Rocher de Luce a les apparences d'un crochon* de chevauchement, mais on peut se demander s'il a été créé au bord extrême ("frontal") de la nappe, lors de sa mise en place (hypothèse de 1958 !), ou plutôt plus tard, par le jeu de l' accident de Saint-Ours, qui le coupe en biseau, avant de sectionner aussi la faille du Pinet, immédiatement plus au sud.


On trouvera une description des autres versants de la montagne de Saint-Ours à la page "Rochers de Saint-Ours".


consulter l'aperçu structural général sur les montagnes de l'Ubayette
consulter l'aperçu d'ensemble sur les montagnes au SE de la Haute Ubaye
consulter l'aperçu structural général sur la zone briançonnaise méridionale
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Aiguille de Chambeyron

Carte géologique simplifiée du massif de Chambeyron
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074


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