Crête de Vautisse, vallons du Couleau et du Rabious

montagnes de rive droite de la vallée de la Durance entre Châteauroux et Saint-Clément.

Entre Châteauroux et Saint-Clément, la rive droite de la vallée de la Durance est constituée par les pentes orientales du haut chaînon de la Tête de Vautisse (3156 m.). Celui-ci la sépare des vallons du pourtour sud-oriental du massif du Pelvoux (vallons de Dourmillouse au nord et de Prapic au sud, qui communiquent par le col des Terres Blanches). De cette longue crête rocheuse orientée NE-SW se détachent vers le SE des crêtes secondaires qui sont séparées par les deux profonds vallons de Couleau et du Rabious, tous deux affluents de rive droite de la Durance.

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Les montagnes de rive droite de la Durance en aval de Réotier, vues de l'est depuis le sommet de Cugulet.
f.D = faille de la Durance ; f.Br = accident frontal du Briançonnais ; ØP = chevauchement de la nappe du Parpaillon sur la nappe subbriançonnaise inférieure ; ØpC = chevauchement du Pic de Chabrières ; a.R = anticlinal du Rabious ; sCl = synclinal de Clotinaille.
Le synclinal du flysch à Helminthoïdes de la Tête de Fouran représente l'équivalent septentrional du synclinal de Saint-Clément.

Ces crêtes se terminent en tombant abruptement sur la vallée de la Durance, respectivement à la Tête de Fouran pour la plus septentrionale et à celle de Clotinaille pour la plus méridionale (voir la page "Châteauroux").

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Les pentes de rive droite de la Durance aux environs de Châteauroux, vues du sud depuis Saint-André d'Embrun (Les Rencuraux).
ØSB = surface de chevauchement des nappes de l'Embrunais ; js-ci = Jurassique supérieur- Crétacé inférieur ; fnOl = flysch noir (éocène) olistolitique (formation de Saint-Clément).
ØP = surface de chevauchement de la nappe du Parpaillon ; scv = schistes noirs du col de Vars (formation basale du flysch à Helminthoïdes), formant le cœur de l'anticlinal couché du Rabious (voir la page "Couleau") ; fhg = flysch à Helminthoïdes inférieur, gréseux ; fhc = flysch à Helminthoïdes calcaire (masse principale).
ØpC : surface de chevauchement de l'unité du Pic Crévoux (voir la page "Couleau")


Ces crêtes sont formées en totalité par le flysch à Helminthoïdes de la nappe du Parpaillon, dont les multiples bancs sont dans l'ensemble pentés modérément vers l'E-SE. En fait, comme partout dans le flysch à Helminthoïdes, ces couches sont affectées par les bandes de plissement qui traduisent un cisaillement à vergence ouest. Cette succession, globalement à l'endroit, appartient au flanc supérieur d'un grand pli couché que l'on peut appeler "anticlinal du Rabious".

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Les hauts vallons alimentant le torrent du Rabious, vus du sud d'avion, depuis l'aplomb des crêtes de l'Hivernet.
ØP = surface de charriage de la nappe du Parpaillon ; td = dolomies triasiques (d'origine briançonnaise) du lambeau charrié des Uvernaus ; cb = schistes noirs du col de Vars (base du flysch à Helminthoïdes), affleurant ici au cœur de l'anticlinal couché du Rabious (a.R). La charnière de ce dernier pli est orientée N160, c'est-à-dire peu obliquement par rapport à à la crête de la Dent : c'est pourquoi, sur le versant opposé, son cœur de grès ne réapparaît que très mal, tangentiellement à la pente (voir la page "Terres Blanches") .

 La flèche de ce pli est de particulièrement grande ampleur puisque ses deux flancs peuvent être suivis sur près de 10 km d'E en W dans l'entaille du profond ravin du Rabious. Son cœur, très aplati, est matérialisé par une bande de schistes du col de Vars (= formation basale du flysch à Helminthoïdes) qui suit le pied de la rive gauche du vallon du Rabious depuis son débouché à Châteauroux jusque dans les pentes sud du col des Tourettes, où se dessine, à son extrémité occidentale, la fermeture de la charnière du pli).
Du côté oriental le plan axial de ce pli couché est sectionné, vers le bas, par la surface de charriage de la nappe du Parpaillon dans l'éperon qui descend de la Tête de Clotinaille vers Châteauroux).
En rive opposée de la Durance ce pli couché se retrouve sans doute, après un décalage de quelques kilomètres dans le sens dextre, en constituant le pli couché du Parpaillon (voir la page "Crévoux").

Immédiatement au SE de la Tête de Vautisse, sur l'échine de la crête des Prénetz et de Fouran, les plus hautes couches du flysch à Helminthoïdes de la nappe du Parpaillon supportent une lame d'épaisseur hectométrique de schistes noirs du col de Vars ; en fait elle s'avère représenter le soubassement stratigraphique d'un chapeau de flysch à Helminthoïdes qui est disposé à l'endroit. Il s'agit donc là d'une klippe, qui est dans la même situation que celle du Pic de Chabrières, sur la rive opposée de la Durance, et qui est donc sans doute rattachable, comme elle, à l'unité du Pic Crévoux (cette dernière est considérée comme une "digitation" supérieure de la nappe du Parpaillon (voir les pages "Mayt - Claux" et "col de Vars").

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Le versant oriental de la Tête de Vautisse, vu du SW, d'avion.
ØBr = chevauchement frontal du Briançonnais ; ØpC = chevauchement de la digitation* du Pic Crévoux ; scv = schistes noirs du col de Vars (= base du flysch à Helminthoïdes) ; n.Cp = nappe de Champcella ; n.Rc = nappe de Roche Charnière.
On suit parfaitement dans le versant la bande plissée qui forme les abrupts du versant occidental de la Tête de Vautisse (voir photos ci-après) : on a indiqué la trace de quelques couches (s0) pour montrer la faible obliquité des plans axiaux des plis de cette bande vis-à-vis de la stratification.

Plus à l'est encore les couches du flysch à Helminthoïdes de la Tête de Vautisse accroissent progressivement leur pendage vers l'est : elles finissent ainsi, dans les pentes inférieures, par s'enfoncer sous le matériel charrié de la frange occidentale du domaine briançonnais (voir la page "Réotier").

 La surface tectonique correspondante, parfois qualifiée de "front briançonnais", est soulignée par une lame d'épaisseur hectométrique de schistes noirs, constituée en fait par du schistes noirs de base du flysch à Helminthoïdes surmonté par du flysch noir subbriançonnais. C'est elle qui détermine le col de Val Haute sur la crête des Rougnous ainsi que le vallon de Fond Cailla, qui en descend vers le nord au pied des escarpements de la Tête de Gaulent (voir la page "Gaulent").
Dans les plus basses pentes, à l'est de la Tête de Fouran, ce contact tectonique se redresse presque jusqu'à la verticale (voir la page "Réotier") et les plis du flysch à Helminthoïdes voient également leurs plans axiaux devenir verticaux : cette torsion s'avère être liée à la grande faille de la Durance et représenter en quelque sorte le crochon du rejet vertical de cette dernière.


Le versant nord-occidental de la Tête de Vautisse est profondément entaillé d'érosion par les deux vallons, convergents vers le nord, des Sabières et du Cellar. Les versants orientaux de ces vallons coupent presque orthogonalement les multiples plis du flysch à Helminthoïdes de la nappe du Parpaillon.

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L'arête nord de la Tête de Vautisse, vue du nord-ouest, depuis le sommet du Piquet (ce cliché montre la suite vers la droite du paysage précédent).
Les couches du flysch à Helminthoïdes ont dans l'ensemble un pendage modérément incliné vers la gauche (en fait vers l'est). En outre elles sont affectées par plusieurs bandes de plissement qui indiquent un cisaillement de la succession par entraînement de ses parties hautes de la gauche vers la droite et dont les plans axiaux ne sont obliques à la stratification que selon un angle très aigu (voir, plus loin dans la page, le prolongement de cette bande dans le versant oriental de la montagne).
ØP = surface de charriage de la nappe du Parpaillon ; td = dolomies triasiques (d'origine briançonnaise) du lambeau charrié des Uvernaus ; cb = schistes noirs du col de Vars (base du flysch à Helminthoïdes).

L'érosion n'a cependant dénudé le substratum autochtone de la nappe qu'à la partie inférieure, septentrionale de ces vallons, lorsqu'ils se réunissent en un unique talweg de Naval pour déboucher dans celui de la Biaysse en franchissant le puissant ressaut constitué par les Grès du Champsaur, partie supérieure de cet autochtone.

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L'extrémité septentrionale de la crête de Vautisse et le vallon du Sellar, vus de l'ouest depuis le sommet du Piquet.
ØBr = accident frontal du Briançonnais ; n.P = nappe du Parpaillon (flysch à Helminthoïdes) : noter la terminaison de ses affleurements vers la gauche, où ils sont coupés en biseau par le front briançonnais ; SB = zone subbriançonnaise, réduite à une lame de flysch noir.
commentaires complémentaires à la page "Gaulent"


Il faut franchir plus à l'ouest la Crête du Piquet pour atteindre le front d'affleurement des nappes de l'Embrunais (voir la page "Terres Blanches"). Il est par ailleurs difficile d'évaluer de combien ce front a été dépassé vers l'ouest par l'avancée de la nappe.

 


Carte géologique simplifiée des environs d'Embrun
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M. Gidon (1977), publication n° 074

cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Embrun

(Dourmillouse)
(Gaulent)

(Réotier)

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