Lac Sainte-Anne

versant nord-oriental de la Font-Sancte

Le lac Sainte-Anne est logé au fond d'un cirque de falaises que dominent les sommets de la Font-Sancte et des Heuvières et qui est suspendu au dessus de la vallée du Mélezet. Il est retenu derrière un verrou rocheux de calcschistes et ceinturé de crêtes morainiques (c'est donc un lac glaciaire d'origine mixte : barrage et surcreusement associés).

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Le lac Sainte-Anne dans son environnement, vu d'avion, depuis le SE (à l'aplomb de Maurin, en Ubaye)
n.FS = nappe de la Font-Sancte ; n.A = nappe d'Assan (klippes les plus méridionales de cette dernière) ; f.Tr = faille de la Traverse ; ØCl = chevauchement de la nappe de la Clapière ; ØFS = surface de rétro-chevauchement (elle sectionne les autres surfaces tectoniques) des unités calcaires (et notamment de celle de la Font-Sancte) sur les calcschistes de Ceillac .
s.Pa = synclinal de la Partietta (bord oriental de la nappe de la Font-Sancte) ; s.Cr = prolongement vers le sud du synclinal des Crestettes (voir page "Prés Sébeyrands").
Remarquer les rubanements de couleur dans les calcschistes de la bande des calcschistes de Ceillac (leur répétition permet d'y soupçonner de grands plis couchés). Les niveaux sombres, plus argileux (csi), représentent ici la partie inférieure de la succession du Crétacé supérieur- Éocène.


Le niveau auquel s'est établi le fond de ce cirque est clairement liée au passage, peu au dessus du niveau du lac, de la surface de chevauchement (interprétée comme ayant joué en rétro-charriage) suivant laquelle les calcschistes néocrétacés de la bande Ceillac - Chiappera s'enfoncent sous les nappes plus élevées du massif d'Escreins (principalement sous la nappe de la Font-Sancte). C'est à ce niveau, où des roches calcaires fissurées, donc perméables, reposaient sur des calcschistes qui le sont beaucoup moins, que l'ancien glacier de la face nord de la Font-Sancte a creusé la dépression du lac et abandonné le bourrelet morainique qui rehausse un peu son niveau.

Jusque dans les années 80 les parois du cirque abritaient encore des névés permanents qui étaient ceinturés à l'aval par des moraines de névé transformées en "glaciers rocheux", étirées par leur glissement en direction du lac.

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Le lac Sainte-Anne et la face NE du Pic nord de la Font-Sancte vus du nord, depuis la Tête de Côte Belle.
La chapelle Sainte-Anne est bâtie sur le verrou de marbres en plaquettes de la bande de Ceillac que rehausse un petit bourrelet morainique (G1) : le lac occupe donc un ombilic de surcreusement*. Sa rive sud est fermée par l'extrémité aval les moraines plus récentes (G2), transformées en glaciers rocheux (elles masquent le contact tectonique des terrains triasiques de la nappe d'Assan sur les calcschistes de Ceillac, d'âge Crétacé supérieur). Plus haut on distingue nettement deux arcs morainiques très récents (G3), émergeant de la nappe des éboulis. En fait ils ont une forme très étirée et enserrent des arcs pseudo-morainiques multiples, ce qui est typique d'une transformation en glaciers rocheux.
n.FS = nappe de la Font-Sancte ; n.A = nappe d'Assan ; cs.C = calcschistes de la bande de Ceillac ; f.Tr = faille de la Traverse ; ØR = surface de rétrocharriage des unités calcaires (notamment celle d'Assan) sur les calcschistes de Ceillac.


La dépression qui héberge le lac est séparée d'une part de la partie supérieure de celle des Prés Sébeyrands et d'autre part de la vallée de l'Ubaye par deux crêtes rocheuses SW-NE, respectivement celle descendant des Heuvières au Collet de Sainte-Anne et celle allant de la Partietta au col Girardin.

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La face nord-est de la Font-Sancte vue d'avion, du nord, depuis l'aplomb du Mélezet de Ceillac
Le matériel de la nappe de la Font-Sancte est juxtaposé par la faille de la Traverse (f.Tr), masquée là sous les éboulis, à celui de la nappe d'Assan, ployé en synclinal. Ce témoin (le plus méridional) de la nappe d'Assan repose sur les calcschistes de la bande de Ceillac par une surface sub-horizontale (notée ØFS = surface "de rétrocharriage" de la nappe de la Font-Sancte).
Dans la face de la Font-Sancte seules ont été représentées les deux principales cassures qui déniveler les niveaux stratigraphiques.

Toutes les deux montrent que les affleurements les plus orientaux de la nappe de la Font-Sancte sont rebroussés par un synclinal de la Partietta et qu'ils se juxtaposent au-delà, par une faille verticale, avec un compartiment où les couches triasiques dessinent un autre synclinal (tout en chevauchant sur les calcschistes du lac Sainte-Anne). C'est là une géométrie structurale tout-à-fait similaire que l'on observe, avec le synclinal des Crestettes, plus au NW dans le versant oriental de La Saume (voir le premier cliché de la présente page ainsi que les pages " "Prés Sébeyrands" et "Lourette") : cette similitude conduit à attribuer à la nappe d'Assan ces affleurements extrêmes des crêtes rocheuses orientales de la Font-Sancte et à constater qu'ils sont les témoins le plus méridionaux de cette nappe.

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Coupe schématique, transversale au haut vallon du Mélezet (cette coupe est orientée à 90° du cliché précédent)


aperçu d'ensemble sur le massif d'Escreins
approfondir les vues générales sur la zone briançonnaise méridionale 


Carte géologique simplifiée des montagnes de Vars et d'Escreins
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles Embrun et Aiguille de Chambeyron

vallon Claous

lac des Prés Sébeyrands

Beaubardon
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Font-Sancte

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La Barge, Maurin
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