Montchavin, Montagne du Carroley
le versant de rive gauche de l'Isère, entre Aime et Landry

La station de ski de Montchavin - Les Coches est implantée, comme celle plus occidentale de La Plagne, sur le haut du versant de rive gauche de l'Isère, immédiatement en aval de Landry. Son domaine s'étage sur l'échine située immédiatement à l'ouest de la vallée du Ponturin, face à celui de Peisey (qui en occupe la rive orientale).

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La rive droite de la vallée de l'Isère en amont d'Aime, vue du NW depuis la route D.218 (lacet 1308) au dessus de Granier


La situation géologique du pied de station, est analogue à celle de Peisey car le village est situé sur une échine boisée constituée par les grès et schistes de la zone houillère briançonnaise (soubassement de toute la rive gauche de la vallée de l'Isère).

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d'après une image extraite de "google-earth"
Les montagnes des environs de La Plagne, vue d'ensemble, du nord (selon un point de vue plongeant, de type aéronautique).
n.SL = nappe des schistes lustrés (klippe du Mont Jovet) ; n.G = "nappe des gypses" ; a.Vor = anticlinal bordier occidental de la Vanoise nord-orientale (= "anticlinal de la Pontille" à Champagny) ; tQ = quartzites triasiques de la base de la couverture mésozoïque de la zone houillère.
En rouge la faille orientale de la cicatrice de Chavière - Champagny.


Par contre cette situation est très différente de celle de La Plagne, déjà parce que le pied des pistes est situé plus bas. Mais une autre différence est que la partie haute du domaine skiable, constituée par les crêtes de la montagne du Carroley, ne montre plus aucune trace de la nappe des gypses : ces échines d'alpages à relief plutôt mou sont dues à ce qu'il y affleure en prédominance les épais terrains gréso-schisteux du Permien qui sont propres à la nappe de la Vanoise nord-orientale ; de plus leur épaisseur est accrue par le fait que la bordure occidentale de cette nappe est ployée en un gros anticlinal couché "de la Roche de Mio", déversé vers l'ouest.

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La montagne du Carroley, vue du SE, depuis les abords du Lac de Friolin.
ØG = surface de chevauchement de la nappe des gypses ; ØVo = surface de chevauchement de la Vanoise nord- orientale ; a.M = anticlinal couché de la Roche de Mio (son axe rentre dans le versant de droite à gauche, mais sous un angle très aigu).
Les micaschistes (mcs) , recouverts par le Permien inférieur (Ps = schistes verts et violacés ; Pcg : conglomérats ; Pqs = séricito-schistes à galets de quartz rose) dessinent un pli couché dont la charnière se dessine en rive droite du lit du Nant des Inversens (c'est le prolongement nord de celle que coupe, plus au sud le Doron de Champagny).
On observe, entre les Pierres Blanches et Pra Premier, le sectionnement en sifflet des couches du flanc inverse de ce pli par le chevauchement ØVo.


Le matériel gypseux qui se développait en position intermédiaire entre Vanoise cristalline et zone houillère dans les secteurs orientaux de La Plagne est en effet absent sur l'échine Montchavin - Carroley. Mais cela n'est que passager : il réapparait plus à l'est, en rive droite du Nant Bénin, dans les pentes dominées par la montagne de Bellecôte.

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Le versant nord de la montagne de Bellecôte vu du nord-ouest, depuis la rive nord-ouest de la moyenne Tarentaise (chalets du Mont Rosset), donc presque sans déformation perspective.
ØA = surface de chevauchement de l'Aliet ; ØB = rétro-chevauchement de Bellecôte.
La charnière anticlinale qui affecte la marge du socle charrié est éventrée par l'érosion mais la retombée nord-ouest de ce pli est conservée à la montagne du Carroley, au bord droit du cliché.
ØVs, en rouge = chevauchement du socle de la Vanoise septentrionale (= nord-orientale) sur la zone houillère : il est souligné par une épaisse bande de gypses et de cargneules (qui hébergent des panneaux de calcaires triasiques et peut-être jurassiques). Bien que fortement amincie dans le soubassement de la montagne du Carroley cette bande se raccorde néanmoins, plus à l'ouest, à celle qui jalonne, plus au sud, la cicatrice de Chavière - Champagny.


Les confins de la montagne du Carroley avec le secteur de la Plagne montrent les rapports entre les affleurements de la nappe des gypses, posée à plat sur la zone houillère briançonnaise et qui supporte plus à l'ouest la klippe des schistes lustrés du Mont Jovet, avec le couloir de failles de la "cicatrice de Champagny".
On constate que ce matériel gypso-cargneulique de la nappe se raccorde avec celui qui est pincé dans le couloir de faille, comme s'il s'agissait de la zone de "racine" de cette nappe : il semble même, en définitive, en avoir été expulsé, à la façon d'une pâte qui déborde latéralement à la sortie d'un tube que l'on écrase.

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d'après une image extraite de "google-earth"
Détails des crêtes des abords orientaux de La Plagne, vues du nord (selon un point de vue plongeant, de type aéronautique).
ØG = surface de chevauchement de la nappe des gypses ; c.Ch = faille orientale de la cicatrice de Champagny ; ØVo = surface de chevauchement de la Vanoise orientale ;
s.B = synclinal du lac des Blanchets (et du Dos Rond) ; a.A = anticlinal des Arpettes : ces deux plis mineurs, d'axes N-S, sont parallèles au tracé de la cicatrice de Champagny ; ils traduisent apparemment un froncement du flanc ouest du vaste anticlinal bordier occidental de la Vanoise nord-orientale en bordure de cette cicatrice.
On voit comment la cicatrice de Chavière - Champagny change d'attitude et de caractère à la latitude de la Tête des Arpettes : de verticale sa faille orientale passe à un pendage vers l'est plutôt modéré.
(mcs = micaschistes ; Ps = schistes verts et violacés ; Pcg : conglomérats ; Pqs = séricito-schistes à galets de quartz rose ; tQ = quartzites werféniens)


Mais aux abords de la montagne du Carroley, peu au nord de l'agglomération de Belle Plagne ( à l'extrémité septentrionale des alpages des Arpettes), la cicatrice de Champagny change de géométrie. Alors que jusque là, depuis très loin au sud (col de Chavière et au-delà) elle était large et subverticale, elle se transforme ici en une simple lame de cargneules, à pendage modéré vers l'est.

La coupe donnée par le bord supérieur du versant qui tombe sur Mâcot, montre bien cette transformation, dans ce secteur, de la cicatrice de Champagny en une zone de chevauchement peu pentée, recouvrant en tangence les couches de la couverture sédimentaire de la zone houillère briançonnaise.

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Le site de la Plagne et les pentes supérieures de la rive gauche de la moyenne Tarentaise vus du nord, depuis les alpages du Mont Rosset (rive droite de l'Isère).
ØsL = surface basale de la nappe des schistes lustrés ; ØG = chevauchement de la nappe des gypses ; c.Ch = cicatrice de Champagny - Chavière.
hrP = conglomérats permo-houillers ("assise de Courchevel").
suite de ce paysage vers la droite à la page "Mont Jovet".


Plus à l'est le tracé de cette bande de cargneules dessine, du fait de ce pendage, un V topographique accusé pour franchir la vallée du Nant Benin à la hauteur de Pra Premier et il y réapparaît un peu de gypse aux niveau des chalets de Pramain.

Le contenu de la cicatrice de Champagny prend ainsi l'aspect d'un coussinet tectonique, injecté d'évaporites, jalonnant le chevauchement qui amène, à l'est de Montchavin et du torrent du Nant Benin, le socle métamorphique de la Vanoise nord-orientale à reposer sur la zone houillère briançonnaise en bordure nord du massif de Bellecôte (voir le quatrième cliché de cette page).
Il est à remarquer que ce chevauchement tranche par le bas les replis de la marge occidentale de la Vanoise nord-orientale (comme on le voit au Dos Rond), ainsi que le vaste anticlinal de la roche de Mio (qui ploie sa marge occidentale) ; il est donc probable qu'il tranche de la même façon l'accident vertical de la cicatrice de Champagny.
Par contre ce chevauchement ne recoupe pas - à cet endroit - les structures de la Vanoise occidentale, dont les couches ont, sous ce dernier, une disposition approximativement parallèle à la surface de charriage.


Concernant le devenir de la cicatrice de Chavière plus loin vers le nord, il est étonnant de constater ici une transformation aussi radicale d'un accident majeur qui avait pourtant conservé, plus au sud, une géométrie remarquablement constante sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Or si l'on se porte jusqu'à Rosuel, au fond de la vallée du Ponturin, on constate que l'on retrouve en rive droite de cette vallée, dans les pentes qui montent au col de la Chal, puis dans le vallon qui en descend vers le nord et héberge la station des Arcs 2000, une frontière structurale entre Vanoise nord-orientale et zone houillère qui n'est plus un chevauchement faiblement penté. Au contraire elle présente les mêmes caractéristiques de fossé empli de cargneules, d'orientation N-NE - S-SW et de pendage subvertical, que présente la cicatrice de Chavière - Champagny.
On avait tendance à voir, dans le tracé en baïonnette que décrit, sur la carte, la limite orientale de la zone houillère briançonnaise entre La Plagne et les Arcs, un simple enchaînement de deux V topographiques, dessinés par le tracé d'un chevauchement à sa traversée de l'échine de Montchavin puis de la vallée du Ponturin. Il faut y renoncer, puisque seule la branche E-W de ce tracé (en rive gauche du Ponturin) correspond réellement à un chevauchement. Le dispositif correspondant doit donc se décrire de façon plus véridique comme l' assemblage de deux tronçons d'un même accident subvertical, décalés horizontalement par un chevauchement . Ce dernier a donc eu un jeu relativement tardif, qui a reporté le tronçon méridional "supérieur" (La Plagne) vers l'ouest par rapport au tronçon septentrional plus profond (Arcs 2000). Ce déplacement se traduit sur la carte par un décalage dextre d'une ampleur de 6 km.



Carte géologique simplifiée des abords de La Plagne

redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest < cartes voisines > plus à l'est
plus au sud


Autre découpage de la même carte, par coupures moins agrandies et couvrant des secteurs plus larges
 Carte géologique simplifiée de la Moyenne Tarentaise, aux abords d'Aime
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
carte cliquer sur les imagettes Légende


carte géologique au 1/50.000° à consulter : feuille Moûtiers.
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