Montagne de la Vallaisonnay
crêtes et vallée du haut Doron de Champagny

La Pointe de La Vallaisonnay (3020) est le point culminant d'un groupe montagneux bien individualisé qui est plaqué au flanc méridional du groupe de Bellecôte, entre la haute vallée du Ponturin (Peisey) et le haut Doron de Champagny. Il est bien délimité du côté méridional par le vallon du Grand Plan qui descend vers le SW depuis le Col de la Croix des Frêtes (voir la page "Col du Palet") pour rejoindre le vallon de La Glière dans le cirque des sources du Doron de Champagny.
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Bellecôte et les crêtes de la Vallaisonnay, vus du sud depuis la station supérieure du téléphérique de la Grande Motte.
ØV = surface de charriage des unités briançonnaises du Vallaisonnay ; ØG = surface de charriage de la nappe des gypses.

Cet ensemble très rocheux est essentiellement formé par des calcaires et des dolomies triasiques qui sont apparemment ceux caractéristiques d'une succession briançonnaise "classique". Ces couches ne forment toutefois que les hautes crêtes rocheuses et reposent, presque de tous côtés, sur un soubassement massif, souvent garni d'alpages, qui correspond à la voûte et à la retombée méridionale de la coupole de socle de la Vanoise septentrionale.

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L'extrémité septentrionale des crêtes du Vallaisonnay et le lac de La Plagne, vus du NE depuis le Rocher des Mindières (cliché original obligeamment communiqué par M. M. Delamette).
ØV, ØA = chevauchement des unités du Vallaisonnay et de l'Aliet (couverture briançonnaise à Trias moyen carbonaté) ; j = marbres, sans doute jurassiques, tégumentaires du socle paléozoïque.


Le Lac de la Plagne, dont le déversoir est la source du Ponturin, occupe l'extrémité méridionale d'un sillon orienté N-S qui s'allonge sur 2,5 km entre les escarpements de l'Aliet à l'ouest et du Mont Pourri à l'est, ce qui correspond à la traversée des affleurements du socle cristallin paléozoïque. Sur ce trajet il conserve un fond plat presque horizontal ("Plan de la Plagne") qui est typique de son aménagement par creusement glaciaire. Ce creusement a été plus accentué du côté sud où convergeaient le glacier provenant du Plan de la Grassaz et celui du Val de Genêt au point que le lac y atteindrait plus de 150 m de profondeur, mais maintenant les déjections torrentielles provenant du Val de Genêt commencent à le colmater. A l'opposé, du côté nord ce sillon se termine par le verrou de La Rèbe au sortir duquel le cours du torrent tourne vers l'ouest. ...

En dépit du fait que, sur cette ample coupole, les couches carbonatées triasiques sont posées à l'endroit et sans discordance de pendage sur la surface du socle on y observe qu'elles la recouvrent par l'intermédiaire d'une semelle intermédiaire de cargneules qui coiffent une formation très différente de l'habituelle succession siliceuse du Briançonnais "classique". Elle est constituée une puissante dalle de marbres, attribuée (avec doute toutefois) au Jurassique supérieur, qui est par places coiffée de brèches à éléments dolomitiques.
On considère donc que les calcaires triasiques des crêtes du Vallaisonnay ne sont pas la couverture stratigraphique normale du socle et qu'ils appartiennent à une unité du Vallaisonnay qui a dû au contraire venir dans cette situation par traînage tectonique.

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Le groupe montagneux de la Vallaisonnay (rive droite du haut Doron de Champagny) vu du sud-ouest, depuis le sommet de la Becquetta
a.L = anticlinal de socle de Laisonnay ; J-c = couches calcaires transgressives sur le socle ; ØV = surface de charriage de l'unité briançonnaise de Vallaisonnay ; f.cP = faille du Col du Palet ; ØG = front septentrional d'extension de la nappe des gypses (tracé supposé, car il est largement masqué sous les alluvions quaternaires).

En rive droite (nord-orientale) du Doron de Champagny le revers méridional de la coupole de socle dessine un gros pli en genou, à flanc sud vertical, appelé ici anticlinal de Laisonnay, au delà duquel les affleurements de cargneules de la Nappe des Gypses s'abaissent jusqu'au lit du Doron.

Par contre en rive occidentale de ce torrent la surface supérieure du socle cristallin, dénudée par l'érosion se montre affectée de replis dont les axes plongent vers l'est selon un angle comparable à la pente du versant (voir les pages "Grand Bec" et "Glières").

Plus précisément les pentes d'alpages des Barmés, de la Plagne et du Grand Plan qui s'étendent en pente relativement douce à la partie sud-occidentale du massif de la Vallaisonnay montrent essentiellement de larges affleurements de cargneules qui enveloppent le socle cristallin et sa couverture autochtone adhérente (ce dont on peut s'assurer à la faveur du fait que ces cargneules sont localement excavées jusqu'à la surface de ce socle).

En réalité une bonne part des affleurements du plateau des Barmés est constituée de fausses cargneules : ce sont en effet des brèches à ciment de cargneules, litées sub-horizontalement, qui ne constituent qu'un placage, épais seulement de quelques dizaines de mètres sous la surface topographique. Il y a donc tout lieu de penser qu'il s'agit là de cargneules reconstituées, résultant d'un épandage quaternaire très ancien de matériaux arrachés par l'érosion à de véritables cargneules. Cet encroûtement bréchique est vraisemblablement contemporain de la formation de la moraine des Écuries, car il s'est déposé à sa marge et parce que celle-ci comporte également des zones cimentées par de la cargneule reconstituée.

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Le rebord du plateau des Barmés vu du sud-est, depuis la Croix des Écuries (piste pastorale de la Plagne et des Barmés).
Il s'agit là de l'un des affleurements les plus spectaculaires concernant la disposition des lits de fausses cargneules.

C'est à ce titre que ces fausses cargneules n'ont pas été distinguées des alluvions glaciaires sur la carte géologique au 1/50.000° feuille Moûtiers. Elles reposent sur un soubassement qui est de nature variable selon les points mais couvrent en particulier la large bande de vraies cargneules, rapportées à la nappe des Gypses, qui court d'est en ouest depuis la col de la Croix des Frettes en jalonnant la zone d'affrontement entre la nappe de la Grande Motte et les unités briançonnaises classiques du groupe de Laisonnay.

Les affleurements les plus occidentaux qui soient rattachables à cette apophyse de la nappe des Gypses sont constitués par une lame subverticale de vraies cargneules qui traverse la route pastorale au lieu-dit "La Louza" et qui descend en direction du thalweg du Doron de Champagny. Cette lame est en réalité plaquée sur les marbres qui garnissent le flanc sud de l'anticlinal du Laisonnay et son tracé peut suggérer qu'elle jalonne l'extrémité occidentale de la faille du col du Palet (voir les pages "Tignes - station" et "Tignes - Chevril").



Le rebord sud-oriental du plateau des Barmés vu du sud-ouest, depuis la route pastorale, peu en contrebas du chalet du Plan du Sel.
La crête de la moraine, sur laquelle est perché le chalet des Gardes et, plus bas à droite (hors du champ) la Croix des Écuries, est séparée du plateau des Barmés (situé à gauche) par un sillon bien marqué qui correspond au classique chenal latéral qui court entre la moraine et le bedrock. Elle domine de près de 200 m, du côté droit, le plan alluvial de la Glière (ce qui correspond à l'épaisseur du glacier de Pramort à l'aplomb de ce plan lors de l'abandon de cette moraine).

Du côté méridional le plateau des Barmés est limité par un bourrelet de terrain qui domine la vallée du Doron de Champagny (plus précisément le plan alluvial de la Glière (cf. page "Glières"). Il s'agit là d'une énorme masse morainique dont la crête a un tracé concave vers le sud-est, entourant les plans alluviaux de la Glière et de Pramort. Ce dessin indique clairement qu'il s'agit d'une ancienne moraine latérale déposée en rive droite du glacier de Prémou. En raison de l'importante altitude du colmatage alluvial qui lui correspond on peut penser que son âge est sans doute fini-wurmien et que c'est à la périphérie de cet ancien vallum que se sont épandues les eaux qui ont remanié le fausses cargneules des Barmés.

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L'ancienne vallée glaciaire de Pramort vue de l'ouest, depuis le chalet des Gardes (rebord sud-oriental du plateau des Barmés)
L'ombilic de l'ancienne langue glaciaire de Pramort, d'âge historique ("petit âge de glace" ?), est comblé par un plan alluvial en partie colonisé par la végétation, en partie remanié lors des périodes de gros débit (multiples bras "tressés").
A droite et surtout à gauche sont conservées des crêtes morainiques latérales encore fraîches, bordées à l'extérieur par un "sillon marginal" qui les sépare des rochers

 

 

aperçu général sur la Vanoise.
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles Moûtiers, Tignes

Carte géologique simplifiée des montagnes au nord du haut Doron de Champagny

redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M. Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest < cartes voisines > plus à l'est
plus au sud
Autre découpage de la même carte, par coupures moins agrandies et couvrant des secteurs plus larges

Bellecôte ; Aliet

Mont Pourri

Tourne
Champagny ; Chiaupe

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