le cirque de Tré les Eaux
Vue
d'ensemble du Haut Giffre, d'avion, depuis l'aplomb de Megève.
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Au nord du Buet le revers est de la crête orientale du Haut Giffre est entaillé par un cirque assez profondément encaissé que draine le torrent de Tré les Eaux lequel se jette du côté est, dans le massif des Aiguilles Rouges, en affluent du torrent de l'Eau de Bérard.
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Les environs de Vallorcine, vus du Sud vue pseudo-aérienne obtenue à l'aide de "Apple-Plans"
Traits rouges = surface de la pénéplaine anté-triasique ; Trait Blanc = faille de La Remua ; Trait Jaune = faille de Chamonix.
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A/ Le versant septentrional du cirque de Tré les Eaux est assez ouvert et précocément déneigé. On peut ainsi y suivre, presque en continu, le contact des terrains sédimentaires sur le socle cristallin.
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La partie septentrionale du cirque de Tré les Eaux, vue du sud depuis les pentes sud-orientales du Buet (col des Tours). (cliché original obligeamment communiqué par Mme Cl. Renouard)
"Aa"= marnes aaléniennes datées (information M. Delamette) ; "M" = calcaires clairs attribués au Jurassique supérieur ; ØS = surface de chevauchement de la couverture subalpine ; ØCa = chevauchement des Cavales (voir la page "Emosson").
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Comme partout où on l'observe il est frappant de constater la faible déformation des couches triasiques et notamment des bancs de dolomie : ceci est étonnant si l'on considère qu'ils sont censés avoir supporté la surcharge d'une nappe épaisse (voir la page "nappe de Morcles") et que le cisaillement lié au charriage se serait concentré à leur niveau et de celui de la lame de calcaires qui les recouvre (qui a même pu être interprétée comme un flanc inverse extrêmement étiré ...).
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La rive gauche du vallon de Tré les Eaux vue du SW depuis le point coté 2273, en marge de la langue glaciaire (cliché original obligeamment communiqué par M. Matthieu Petetin).
Ce cliché montre le contact de la couverture sédimentaire, parfaitement accordante, sur le socle cristallin.
"Aa"= marnes aaléniennes datées ; "M" = calcaires clairs attribués au Jurassique supérieur ; ØS = surface de chevauchement présumée de la couverture subalpine ; ØCa? = prolongement plausible du chevauchement des Cavales.
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B/ Le versant méridional du cirque est au contraire constitué par les puissants escarpements de la face NE du Buet. Ils fournissent une coupe naturelle sensiblement transversale au chaînon ainsi qu'au contact du sédimentaire sur le cristallin.
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Le haut vallon de Tré les Eaux, vu du NE depuis les pentes du col du Vieux. (cliché original obligeamment communiqué par M. M. Petetin).
M = calcaires clairs (Malm ?) ; ØS = réputée surface de chevauchement de la couverture subalpine ; Ø.Ch = chevauchement des Chaux; a.B = anticlinal couché du Buet.
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Deux secteurs distincts y permettent (lorsque la neige y a suffisamment disparu) une analyse détaillée de l'organisation des couches.
1 - Le pied des escarpements sud-orientaux (en contrebas de l'Arête des Cristaux) est marqué par une vire ascendante vers le sud qui les sépare de ceux cristallins du Gros Nol. Elle atteint et franchit l'arête au collet des Tours ; sa garniture d'éboulis masque le contact du Trias sur le socle, mais son rebord supérieur met à nu assez longuement le contact entre les calcaires argileux sombres attribués au Bajocien inférieur et les calcaires clairs rapportés au Malm.
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La vire des Tours et le pied de l'arête des Cristaux, vus du NE depuis les pentes du col du Vieux. (cliché original obligeamment communiqué par M. M. Petetin).
M = calcaires clairs (Malm ?) ; ØS? = niveau présumé de la réputée surface de chevauchement de la couverture subalpine.
Les trait fins blancs correspondent aux
surfaces de strates décelables dans la formation bajocienne inférieure : ils ne révèlent qu'une disposition accordante par rapport à la surface de la pénéplaine anté-triasique, avec peut-être un court
repli à vergence NE (c'est-à-dire vers la gauche).
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Pourtant l'examen de la succession des couches le long de cette vire ne permet pas de localiser une surface de discontiniuité attribuée à un charriage. Elle ne montre également aucune disposition justifiant l'existence d'une succession renversée qui pourrait y expliquer la présence à cet endroit d'une bande de calcaires d'âge jurassique supérieur.
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La partie basse de la vire des Tours, au niveau du Gros Nol (entre les points 2502 m et 2459) (cliché original obligeamment communiqué par M. M. Petetin).
Vue rapprochée du rebord supérieur de la vire, montrant l'impossibilité de localiser une
discontinuité dans la succession des states au niveau (ØS ?), pourtant supposé correspondre à celui du chevauchement de la couverture subalpine.
On observe également le passage latéral transitionnel entre les schistes argileux éventuellement aaléniens et les calcaires argilo-siliceux sombres, attribués au Bajocien inférieur, qui les recouvrent.
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2 - Les abrupts de la partie haute de l'abrupt nord-oriental du Buet montrent assez clairement (lorsqu'ils sont suffisament déneigés) une géométrie où s'associent chevauchement et plis couchés.
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La partie haute du versant oriental du sommet du Buet, vu du NE depuis la Pointe de la Terrasse. (cliché original obligeamment communiqué par Mr. M. Petetin).
a.B = anticlinal du Buet (?) ; s.B = synclinal du Buet (?) ; a.Gr = anticlinal du Grenairon ; f1, f2, f3 = failles mineures décalant la barre sommitale du Bajocien supérieur ; f.TE = faille de Tré les Eaux ; ØCh = chevauchement des Chaux.
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On y voit d'abord le tracé du chevauchement de La Chaux, repèrable en ceci qu'il suit le sommet d'une belle vire qui est déterminée par une mince bande de Terres Noires qui couronne la barre presque continue des calcaires du Bajocien supérieur.
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a.B = anticlinal du Buet ; s.B = synclinal du Buet ; ØCh = chevauchement des Chaux ; s.gl. = surface de glissement ).
Le schéma indique le sens de cisaillement normalement
attendu avec une tellle interprétation des plis.
N.B. Les attributions stratigraphiques
de la bande intercalaire entre s.gl. et ØCh sont proposées sous toutes réserves ...
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On constate en outre que, au dessus de cette vire, le chapeau de Bajocien inférieur chevauchant est affecté par un couple de deux plis couchés qui ont le dessin très caractérisé de plis "semblables"*, c'est-à-dire formés dans un contexte d'aplatissement - étirement des couches (voir ci-dessus). On est tenté de les interpréter comme la réapparition de l'anticlinal et du synclinal du Buet, plis qui sont dégagés plus longuement et presque parallèlement à leur axe sur le versant NW de la montagne (voir la page "Fonds").
L'interprétation des relations de ces plis avec le chevauchement des Chaux n'est pas évidente. En effet on ne peut pas interpréter le synclinal du Buet comme un crochon* induit par le mouvement relatif des deux lèvres du chevauchement ØCh, car cela impliquerait un mouvement relatif des deux lèvres inverse de celui du sens général des mouvements tectoniques.
Par contre le schéma montre que l'association des deux plis associés témoigne bien d'un cisaillement interne à la tranche chevauchante qui est cohérent avec ce sens de déplacement : les rapports entre flanc court "fl.c" et flancs longs dans le couple de plis sont en accord avec cette interprétation (concrétisée par les demi-flèches).
Peut-être cela indique-t-il que le chevauchement de la Chaux est intervenu lors d'une étape, un peu plus tardive que celle du plissement par glissement - aplatissement, époque à laquelle ce processus aurait fait place à celui de déformation par rupture.
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a) L'éperon terminal de l'arête nord du Buet (dont la crête est largement attribuée aux Terres Noires par la carte au 1/50.000°) montre sans ambiguïté dans son abrupt oriental le dessin en coupe de l'anticlinal assimilé à celui du Buet. Mais celui-ci s'accompagne de diverses structures parasites qui complexifient l'agencement général des couches et en rendent l'interprétation délicate : leur analyse est tentée sur la figure ci-après :
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L'éperon
septentrional de la crête nord du Buet, vue du versant sud de la pointe du Genévrier (cliché original obligeamment communiqué par M. M. Petetin).
L'analyse du tracé des couches (fins traits blancs) révèle plusieurs faits :
1 -
On voit bien se dessiner la charnière de l'anticlinal du Buet avec ses caractères typiques d'un pli "semblable" à flancs étirés. Mais le flanc inverse du coin inférieur gauche se poursuit par le gros bancs qui dessine le synclinal inférieur (voir le cliché suivant) et qui s’avère ne pas pouvoir être celui du Bajocien supérieur .
2 -
on remarque que son flanc normal est sectionné par une surface de glissement (s.gl.) avec crochon indiquant son sens) qui aboutit à simuler un repli synclinal.
3 -
Entre les deux "cairns" qui signalent le sommet de l'itinéraire de descente on voit les marnes du Bajocien supérieur s'appuyer sur des bancs de Bajocien calcaire : cela ressemble à un biseau discordant par onlap qui pourrait correspondre à un accident "f3" (dont le jeu extensif aurait été synsédimentaire).
N.B. Les attributions stratigraphiques
sont proposées sous toutes réserves ...
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b) La charnière du synclinal du Buet illustre particulièrement bien les caractères typiques d'un pli "semblable" avec ses flancs étirés et l'épaississement des lits marneux de sa charnière.
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Le synclinal du Buet, vu au téléobjectif depuis le vallon de Tré les Eaux (cliché original obligeamment communiqué par M. M. Petetin).
Même si l'aplatissement apparent du pli est peut-être un peu exagéré par rapport à sa forme réelle en raison de la perspective en contre-plongée, c'est néanmoins un splendide exemple de
pli de type "semblable".
Les couches qui affleurent en contrebas du tracé de la surface de chevauchement ØCh) sont par ailleurs décalées et basculées par des petites failles extensives telle que celle notée f.ext. Toutefois il est probable que le rejet apparent de cette cassure soit également exagéré par l'effet de la perspective en contre-plongée.
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aperçu général sur le
massif de Sixt
cartes
géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles
Chamonix et Cluse
.
Carte géologique très simplifiée
des environs de Sixt
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M. Gidon (1977), publication n° 074 .
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15/05/26